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OrnamentationLe maître-autel, confectionné par le marbrier Tavernier d’Annecy, a été offert par Mgr Magnin en 1877, comme le signale une inscription (au bas de l’autel). Il comporte un baldaquin au-dessus du tabernacle, muni de quatre pinacles et d’un pignon en son sommet. Sur l’autel, on peut observer des symboles rappelant l’Esprit Saint (la colombe), la foi (le calice), la pureté (les fleurs de lys) et des symboles messianiques (les grappes de raisin et les épis de blé). Comme dans beaucoup d’églises de la fin du XIXe siècle, on trouve des autels latéraux en bois dont le retable est composé d’une niche pour abriter une statue. Dans le croisillon gauche, l’autel est placé sous le vocable de la Vierge et dans le croisillon droit, l’autel est dédié à Saint-Joseph. Ces autels datent vraisemblablement de 1877 et sont dus aux ciseaux du sculpteur Charles Alhard. La chaire haute, surmontée d’un abat-voix sculpté, présente, en bas-relief sur la cuve, les quatre évangélistes avec leurs symboles, manière courante de les représenter à partir du Ve siècle. Aux coins inférieurs de cette cuve, on trouve les emblèmes de l’Eglise (le calice et la croix), de l’espérance (l’ancre marine), de la parole de Dieu (le livre ouvert) et du Christ (le cœur enflammé). Le confessionnal, de style néo-gothique également, date sûrement de la même époque que la chaire et les autels. Les fonds baptismaux, sûrement de la fin du XIXe siècle, comportent une inscription en français maladroit faisant référence à l’évangile de Saint-Jean : « Je vous dis en vérité que nul ne peut voir les roiaume de Dieu san s’estre nez de nouveau dit notre Seigneur parlant à Nicodème, en s Jean ch 3 vers 3 ». Une huile sur toile non signée rappelle encore le souvenir de Mgr Magnin puisqu’elle donne une représentation de lui en habit d’évêque sans la mitre. Les bénitiers installés dans le tambour proviennent peut-être de l’église de 1533. On peut en dire de même pour les statues de la Vierge en bois doré et de Saint-Martin, en bois polychrome, situées dans la chapelle latérale gauche. Les autres statues, notamment celles de Saint-Joseph et de Saint-Martin furent probablement placées après la reconstruction. Les autels sulpiciens furent posés ultérieurement car les saints représentés ont été canonisés plus tard. Luigi Morgari, peintre piémontais né à Turin en 1857, a peint les quatorze stations du chemin de croix offert par la famille Molland. Les fenêtres de l’édifice sont ornées de losanges dans la nef et le transept, et de grisailles colorées à « rinceaux » posées en 1881 par Benoit Bessac, maître-verrier grenoblois qui est intervenu dans beaucoup d’églises savoyardes. La rosace de façade provient du même atelier mais a été placée au XXe siècle. Mais l’ornementation la plus intéressante est sans conteste une plaque de mollasse grise ornée de motifs décoratifs en forme d’entrelacs, que l’on trouve encastrée dans le mur du chœur à droite du maître-autel. Cette plaque, ainsi que deux autres fragments sculptés qui sont aujourd’hui exposés au Musée d’art et d’histoire de Genève, ont vraisemblablement appartenu à un chancel (balustrade du chœur d’une église) ; ils paraissent venir de l’ancienne chapelle de Naz, située sur la commune voisine d’Esserts mais dépendant au Moyen Age de La Muraz. Cette plaque devait servir de table d’autel dans l’ancienne église de 1533 et serait d’époque carolingienne (VIIIe – IXe siècle). Elle mesure 110 cm de hauteur, dont 30 cm de plinthe, 80 cm de largeur et 16 cm d’épaisseur. Le décor de cette plaque est purement géométrique, sans éléments végétaux, même stylisés. La partie centrale est délimitée par un ruban à trois brins, noué à intervalles réguliers. Le motif de l’entrelacs consiste en un double cercle traversé par des quatre-feuilles et se complique par l’adjonction d’un deuxième cercle à l’intérieur du premier, les deux cercles se juxtaposant étroitement. Le côté droit de la plaque, orné d’une tresse, est limité par un pilastre coupé en deux dans le sens de la largeur. La bordure située à la partie inférieure de la plaque et qui en constitue la plinthe a pu se trouver primitivement au sommet. Le motif dessiné par les entrelacs est assez rare : non seulement le ruban à trois brins forme, comme à l’intérieur des plaques, des cercles entourés d’un cadre, mais au centre des cercles il se noue encore pour créer des nœuds affrontés. Un motif analogue existe sur un fragment provenant de San-Salvatore de Turin ; il est daté de l’épiscopat de Claude (818-827). En conclusion, l’église de La Muraz est un bon exemple parmi les églises du XIXe siècle reconstruites en Savoie. Méprisés à tort, ces sanctuaires témoignent du goût d’une époque, d’une volonté de célébrer le catholicisme après les affres de la Révolution. Et surtout, ils montrent à quel point les fidèles attachaient de l’importance à posséder un édifice grandiose, dans un esprit de modernité propre à leur époque. |
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