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Pêle-mêle
Le mot de patois

Patois:

NA BONNA GORDA

Pierre à Dian, on grou blagêu, dzive n’a matin à la fertire qu’à l’avê les pè belles coeurdes d’la com’na. On z’heu què s’étê apparchu que tôtes les nês on volêu v’nieve in prindre ienna, a appalle son vôlet : Jules, c’li commerce n’pu pas mè drô, é fau y m’ta ourdre. Sta nê, après la spa, t’prendré on shuaton, poè t’irè t’cachi die la siza à couté des coeurdes, poë t’farè l’gué. Sè l’volêu vin, t’lé fotrè n’a bonna roclia ».

« D’accô, patron, d’y vè ».

V’la miné, Pierre à Dian s’lève poë dit à fenna : »D’vè vi s’è l’vôlet nè s’è pos indromi u lieu d’fêre bonna gorda » N’tron dian avance tot planc, tot plan, in direc’chon d’la siza.

Julo qu’étê su ses godes, intin marchi, l’laisse approchi sin rin dire. Poë to ton cou l’vole d’us a graient cou d’triqua su les reins.

N’tron Dia allavi passa on mauvais quart d’heura, slè Julo n’sétê pas incoblo dié la cordire, s’qué la fé tomba d’abochon. Pindet qu’é s’arlévave n’tron Dian s’tire des piôttes sans rin dire, poë, tôt en bancalant, s’en r’torne u lié. On mômint après Julo monte les égras et eu allin s’dromi dit : »patron, vos povis dromi tranquille, l’voleû n’vu pas rvgni, d’lé frotto les cuttes tant qu’té pouis ».

Pierre à dian avei ben fê promettre à sa fenna de t’gni sa lungua u chaud, mais vos c’niessi les fnnes… Le lendema, tôtes la com’na conneissive l’histoëre. Vos pinsa, la nê à la fertire, s’qu’ on a pu in rire… !

Français:

LA BONNE GARDE

Pierre à Dian, un gros blagueur, disait un matin à la fruitière qu’il avait les plus belles courges de la commune. Un jour, qu’il s’était aperçu que chaque nuit, un voleur venait en prendre une, il appelle son commis : « Jules, ce commerce ne peut plus durer, il faut y mettre ordre. Cette nuit, après- la soupe, tu prendras un bon bâton, puis tu iras te cacher dans la haie à côté des courges, puis tu feras le guet. Si le voleur vient, tu lui donneras une bonne raclée ! »

« D’accord, patron, j’y vais ».

Vers minuit, Pierre à Dian se lève puis dit à sa femme : « Je vais voir si le commis ne s’est pas endormi au lieu de faire bonne garde ! ».

Notre Dian avance tout doucement, tout doucement en direction de la haie. Jules, qui était sur ses gardes, entend marcher, il laisse approcher sans rien dire. Puis tout d’un coup il lui vole dessus à grands coups de bâton sur le dos.

Notre Dian allait passer un mauvais quart d’heure, si Jules ne s’était pas encoublé dans les courges, ce qui l’a fait tomber à plat ventre.

Pendant qu’il se relevait, notre Dian se tire des pattes sans rien dire, puis tout en boitant, s’en retourne au lit. Un moment après, Jules monte les escaliers et en allant dormir dit : « Patron, vous pouvez dormir tranquille, le voleur ne veut pas revenir, je lui ai frotté les côtes tant que j’ai pu ! ».

Pierre à Dian avait bien fait promettre à sa femme de tenir sa langue au chaud, mais vous connaissez les femmes… ! Le lendemain, toute la commune connaissait l’histoire. Vous pensez le soir à la fruitière, ce que l’on a pu rire !

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